samedi 2 février 2008

Le scandale de la Générale


Que dire ? Beaucoup de choses ont déjà été écrites notamment sur le blog Duo & Co qui est remarquablement documenté.
On est vraiment confronté à un problème de gouvernance :
  • il y a des règles, mais apparemment, elles ne sont pas suivies avec, pour le moins, la bienveillante ignorance du management ("tant que vous gagnez, je ne regarde pas")
  • les systèmes d'information sont sécurisés mais les procédures ne sont pas complétement respectées, les mots de passe pas changés, écrits "en dur" dans des procédures ou des macros, sur des post-it, etc.
  • le contrôle est insuffisant...
J'ai fait un bref passage dans cette grande maison rouge et noire, dans une autre branche, et tout cela ne me surprend pas outre mesure. J'y ai vu que la MOA avait accès à la production (il s'agissait aussi de titres), que les versions du système d'information (fait maison alors qu'il existe des progiciels) étaient mises en production avec une part de dysfonctionnements résiduels important ; j'y ai vu des corrections faites en comptatbilité par la MOA et, surtout, dans un service informatique, une préoccupation budgetaire dépassant la préoccupation de qualité ou d'efficacité, sans compter la façon "convenue" et "correcte" de répondre aux différents audits.

Les banquiers ont assez récemment mis en place divers systèmes dits "de contrôle" (Bâle 2, SOX, etc). Ces réglementations ont pour objectif de mesurer le risque et de mettre en place des procédures de contrôle (les 3 "piliers" de Bâle 2 par exemple : exigence minimale de fonds propres, procédures de contrôle interne et discipline de marché), ils ont mis en place ces systèmes d'information, mais dans bien des cas les procédures n'ont pas suivi ou ne sont pas appliquées. De plus, comme il y a maintenant tout ces indicateurs, il est plus facile de se réfugier derrière et de freiner tous les autres contrôles : "pourquoi chercher plus loin, vous voyez bien que les indicateurs sont conformes".

Le problème de gouvernance est toujours le même : le contrôle a un coût, le coût vient en réduction des profits, il est possible de faire des profits sans respecter les règles, il convient donc de ne pas faire trop de contrôles pour permettre une certaine marge de manoeuvre et économiser un peu.

Malheureusement, parfois cela se passe mal et certains se prennent les pieds dans le tapis en faisant des pertes alors qu'ils sont au-delà de la ligne jaune. Mais cela n'est pas très grave (sauf quand cela atteint des sommes astronomiques !), on trouve toujours quelques lampistes pour jouer les fusibles... À en croire ce qui se dit, un nombre non négligeable de traders seraient "border line", d'ailleurs il y en a régulièrement qui se font virer, mais je n'ai pas vu d'exemple d'un qui se fasse virer après un profit !

Tant que le contrôle n'est pas indépendant, il existe un conflit d'intérêt et des passes droits.

En tout cas, un grand coup de chapeau à l'opportunisme de la SG, annoncer les pertes dues aux subprimes dans le même paquet que celles dues trader (après avoir nié être impliqué dans cet autre désastre), cela fait mieux passer la pilule !

JK restera-t-il dans l'histoire comme l'homme qui a été à l'origine de la disparition de la SG (même si la cause sera à cherger dans les pratiques internes) ?

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