samedi 24 mai 2008

L'ingénieur et le marketeur (1)



Qu'est-ce qu'un ingénieur ?

C'est un créateur qui va concevoir quelque chose en utilisant son savoir-faire scientifique et technique dans un cadre économique limité, économie de moyens, meilleure utilisation des ressources.

et un marketeur ?
Le marketeur, lui cherche à créer un produit et à le promouvoir pour en tirer le plus grand profit. Il peut faire cela de nombreuses façons, en le vendant cher (mais il risque d'en vendre peu) en lui construisant une "image" (cf les produits de luxe), en créant des produits liés et érigeant des barrières à la sortie (tous les produits incompatibles)...

Le premier va essayer d'utiliser les ressources au mieux, d'assurer le maximum d'efficacité et de compatibilité, il va normaliser les vis et les boulons pour ne pas avoir un nombre incalculable de dimensions, établir des normes d'inter-opérabilité aussi bien sur des aspects mécaniques que sur des des aspects logiciels ou informatiques, il va chercher à promouvoir ces normes ou formats au maximum.
Le second, au contraire, va chercher à rendre prisonnier son client en inventant des dispositifs de toute sorte : réglementaires, techniques, contractuels...

Quelques exemples : tous les équipements avec des "consommables", des imprimantes aux machines à café à cartouches/capsules, les dispositifs électroniques ou les logiciels avec des formats "propriétaires", y compris en matière de gestion des droits d'auteur.

Sans les ingenieurs, vous n'auriez pas les formats jpeg ou mp3 (vous auriez autant de formats que d'appreils photos ou de lecteurs de musique), vous n'auriez pas eu le CD audio, trouver une vis serait un cauchemar (c'est déjà parfois assez compliqué)...

Grâce aux marketeurs, vous avez Nespresso pour le café (mais je reviendrai sur cela), Windows, Office et ses formats propriétaires, les clauses liant Apple et Orange pour la commercialisation de l'iPhone, celles qui ont permis à Microsoft d'asseoir son hégémonie (je reviendrai aussi sur ce point), et j'en oublie surement.

Je reviendrai sur les liens avec le développement durable et certains aspects éthiques.

dimanche 4 mai 2008

Le marketing téléphonique, un exemple d'application de recette sans réflexion



Ne vous méprennez pas, j'ai une grande considération pour les télé marketteurs(euses) qui font un boulot sans grand intérêt dans des conditions difficiles et rémunérées avec un lance-pierre (quand ils ne sont pas "off-shorisé(e)s". Par contre il n'en est pas de même pour les concepteurs des campagnes et des argumentaires...

Je me souviens d'avoir entendu dans la voix de mon interlocutrice le désappointement (dans le style un appel qui ne sert à rien, comment ont-ils été ciblés ?) lorsqu'au cours de son questionnaire il s'avérait que je n'étais pas fiscalement éligible à ses produits financiers.

Les marketteux qui élaborent les discours et les scripts doivent avoir un problème avec la vente, ils n'ont jamais quoique ce soit à vendre ou à proposer, ils font une enquête... Je ne comprend pas pourquoi ils appellent s'ils n'ont rien à proposer... Les seuls qui aient le courage de leur démarche sont les marchands de fenêtres.

Voici un extrait partiel et de mémoire d'un de mes échanges :

Télémarketeuse :
Je voudrais vous présenter la société S***, vous la connaissez ?
Moi : Oui un peu
T : Nous faisons une enquête sur la télésurveillance...
M (la coupant) : Si vous avez quelquechose à me proposer, envoyez-moi de la documentation.
T : Je n'ai rien à vous vendre, je fais une enquête,...
M : Je n'en crois pas un mot.
T : ...avez-vous un équipement de télésurveillance ?
M : Je ne vous communiquerais pas cette information, si vous avez une offre à me proposer, envoyez moi de la documentation.
(fin de la conversation)

Pourquoi cette aversion à affirmer qu'ils ont une offre à faire ? En l'espèce j'aurais pu être intéressé.
Et, surtout, pourquoi ce manque de réflexion. Demander à un éventuel prospect des informations sur son éventuel équipement d'alarme ou de télésurveillance par téléphone, c'est vraiment faire preuve de la plus grande légéreté en matière de sécurité !

La "recette" des livres de télémarketing semble avoir été appliquée "à la lettre", je ne sais pas ce que cela a donné, probablement le même faible taux de retour que d'habitude...