mercredi 28 janvier 2009

Pourquoi les journalistes cèdent-ils aux modes ?


Je suis tombée par hasard sur cet article indiquant qu'on avait réussi à intégrer un dispositif à effet Peltier dans un processeur (l'effet Peltier est l'inverse des thermocouples, il permet de générer une différence de température et un flux de chaleur, du froid d'un coté et du chaud de l'autre, en appliquant un courant sur un dispositif ad hoc). Cette réussite est fort intéressante comme l'indique l'article car elle permet de refroidir localement le processeur et donc de le refroidir mieux là où c'est nécessaire. Tout ce qui est dit dans l'article est juste et intéressant sauf la remarque incidente sur l'économie d'énergie.
En effet, l'effet Peltier ne permet aucune économie d'énergie, il permet de prendre de la chaleur d'un coté pour la transporter de l'autre comme une pompe à chaleur mais en consommant un peu d'énergie par effet Joule. Donc, dans notre cas, on refroidit localement pour chauffer (un peu plus à cause de l'effet Joule) autre part, à l'extérieur du processeur. Il va donc falloir refroidir un peu plus qu'avant... (toutes choses égales par ailleurs).

Pourquoi donc ce journaliste a ruiné en partie la qualité et l'intérêt de son article par cette remarque incidente et fausse ? Est-ce pour faire "dans le vent" comme les économies d'énergie sont à la mode ?

De la même façon, quand, il y a quelques dizaines d'années, l'allumage des phares des voitures est devenu obligatoire en ville, certains ont prétendu que cela n'avait aucune conséquence énergétique... (on était alors en pleine crise pétrolière), mais cette énergie elle vient bien de quelque part, non ?

Je suis en train de lire petit cours d'autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon, je vous le recommande même avant d'avoir fini.

dimanche 25 janvier 2009

Urbanisme et architecture, dans la ville et les systèmes d'information


En matière de systèmes d'informations, l'urbanisme a pour objectif de mettre de l'ordre de rendre les communications faciles, d'optimiser le fonctionnement, comme dans les villes. Le principe est toujours un peu le même, cher à Descartes, découper en éléments plus petits et faiblement couplés (voir l'article sur Copernic). On obtient ainsi des "briques" plus ou moins standardisées et réutilisables avec des fonctions bien définies.
Dans ses versions extrèmes, SOA peut aboutir à un découpage super modulaire de composants. Un collègue a une image pour cela : c'est comme si vous vouliez construire une ville avec les Algecos, on peut les empiler à l'infini... Et un jour quelqu'un arrive et demande un gymnase... Qu'à cela ne tienne, il suffit d'empiler beaucoup d'Algecos et de détruire les cloisons intérieures (à la tronçonneuse par exemple ;-), comme la photo).
Cette approche n'est déjà pas à 100% adaptée, si vous n'avez pas les bonnes briques (comme celles du décisionnel, ou celles correspondant à d'autres techniques que java pour Copernic par exemple) cela devient vite très difficile. En plus, si vous avez un existant la transition est délicate à gérer. Ici on peut reprendre l'analogie avec la ville, les ensembles homogènes comme Brasilia ou La Défense (parfaite illustration des idées de Le Corbusier sur les circulations avec la dalle piétonne et les véhicules en dessous) ont une cohérence propre mais au frontière, le lien avec le tissus urbain existant n'est pas terrible (à La Défense, Brasilia est dans le désert ;-), vous avez essayé de mettre des Algecos à Versailles, cela ne convient pas !

Pour l'informatique c'est pareil, il y a encore de nombreuses entreprises avec des systèmes "IBM" (370 ou 36), vous avez déjà regardé les écrans à la FNAC ou dans d'autres enseignes, c'est vieux mais ça marche, pourquoi le casser au nom d'une prétendue "modernité" ?

Les urbanistes "urbains" de la première moitié du siècle dernier avait une vision "idéaliste" et plutôt "cible" assez incompatible avec une transition en douceur, nos urbanistes informatiques actuels (du moins ceux de SOA et de Copernic) en sont encore à ce stade, il va falloir attendre quelques années avant qu'ils s'incrivent dans une dynamique compatible avec la réalité, malheureusement pour eux, l'informatique évolue plus vite que les villes... Arriveront-ils à rattraper ou à survivre ?

jeudi 22 janvier 2009

Manageur porteur de sens


Le manageur doit motiver ses troupes, c'est une évidence vous dites-vous. Cependant il y a de multiples manières de le faire, la première est de simplement "redescendre" ses propres préoccupations envers ses collaborateurs. Ainsi, dans le cas d'une société de service certains reportent directement sur leurs salariés leurs propres préoccupations de "staffing", les salariés deviennent ainsi responsables de leur taux d'occupation, de leur prix de vente, bref,l'entreprise ne leur sert à rien, ils seraient à leur compte ou dans une entreprise d'intérim, cela serait pareil.
De fait, leur manager ne sert pas non plus à grand chose : il se contente de distribuer les consignes qu'il reçoit de ses propres supérieurs. Ses préoccupations de profit et de rentabilité sont légitimes mais ils doit les assumer et motiver ses troupes par des objectifs adaptés.
Il doit transformer ses objectifs afin de "donner du sens" à son action et celle de ses collaborateurs, il doit transmettre une ambition et une "envie" qui ne peut être uniquement financière. Cela peut être une reconnaissance de l'entreprise dans son domaine de compétence, la réalisation de projets remarquables, une volonté de rôle social... Sans cela il ne joue pas son rôle de manager.

Le rôle du management est de transformer la contrainte de profitabilité en sens, d'assumer sa part.

Le bon manager est celui qui transforme un objectif de vente basique en objectif d'accueil et de service (c'est ce qui se fait couramment dans la grande distribution).


Le manager qui fait redescendre (dans son discours) les problématiques de profitabilité de son unité (qui sont légitimes) à ses collaborateurs ne mérite que ce qu'il a : des collaborateurs moyens et peu motivés.