
...sont les plus mal chaussés. Tout le monde le dit, mais certains le vivent.
Ayant récemment discuté avec un responsable de programme d'une grosse SSII française, j'en ai appris de belles.
Il est reconnu, c'est l'état de l'art, qu'il convient d'exprimer les besoins avant de choisir les outils, de rédiger un minimum de spécifications avant de se lancer dans la réalisation d'un projet, bref de réfléchir avant d'agir.
Lors de cet échange, donc, dont le sujet était de me proposer un poste de responsable d'application, j'ai appris que dans certains cas, le choix de l'outil avait précédé l'expression de besoins et que, comme c'est bizarre, justement on était bien em...bété avec cette application qui ne répondait pas vraiment aux besoins, qui ne communiquait pas vraiment avec les autres mais qu'on était obligé de conserver pour des raisons politiques.
Quant à l'application dont on me proposait de m'occuper, une instance de Siebel en l'espèce, j'ai vraiment eu l'impression d'être grossier, lorsque j'ai réitéré mon souhait (et mon crédo) de faire des specifications fonctionnelles avant de faire des évolutions (si je prenais ce poste de responsable applicatif) "on fait les évolutions et les utilisateurs suivent, par contre, il faut gérer le budget"... j'ai vraiment eu l'impression d'avoir été grossier et lourd...
Il y a quelques années, dans une structure beaucoup plus petite (300 personnes contre 60 000) je trouvais que la gestion des ressources et le contrôle de gestion avec Excel (+Access et quelques macros) c'était vraiment du bricolage... je me dis maintenant que, puisque les "grands" du CAC 40 le font, cela doit marcher aussi...
En fait, cela ne marche pas vraiment, il faut compenser les incertitudes sur les projets (et les frais de structure, et le manque de productivité) par des marges faramineuses. Le tout ne tient sa place sur le marché que par un effet de taille, seules ces grosses SSII peuvent absorber de gros projets avec leurs risques et leur charge de travail. Elles ont donc un marché "captif" qui leur permet de vivre.
Moralité : les consultants devraient avoir tatoué sur leur front "faites ce que je dis, pas ce que je fais"
Bonne nuit
1 commentaire:
Je suis entièrement d'accord, la préoccupation de la perfomance et la recherche du profit sont devenus d'une telle importance que la quête de sens et la signification de nos actions sont souvent laissées au second plan si ce n'est purement oubliées. Le seul espoir à avoir est que sur la durée les attitudes superficielles ne seront pas payantes.
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