dimanche 2 septembre 2007

Capital et entreprise



J'ai travaillé dans une entreprise qui s'est introduite en bourse sans les années 80, depuis le cours de l'action a été multplié par 10 (après être passée par 20 dans les années 2000), puis d'une autre qui s'est introduite en bourse en 2000 et dont le cours a été divisé par 4 depuis (après être passé par x 5).

Le patron de la première entreprise disait qu'il ne serait pas allé en bourse s'il n'y avait été contraint (il avait besoin de restructurer son capital et le seul montage imposait, semble-t-il, je ne suis pas spécialiste, l'appel à l'argent public), les patrons de la seconde avait pour objectif de lever un maximum de capital.
De fait, ils ont réussit, après avoir levé quelques dizaines de millions d'euros, avoir fait un peu de croissance externe, s'être plaint de ne pas pouvoir en faire plus ("il y a bien des choses à vendre mais c'est trop cher..."), avoir remboursé aux actionnaires (c'est à dire essentiellement à eux-même), un peu de capital (c'est net d'impot et ça améliore la rentabilité des fonds propres) et, surtout, être resté très timoré sur l'évolution de l'entreprise et la volonté entrepreneuriale, ils ont coupé la communication avec le marché (en suprimant le poste de relations extérieures) et le cours de bourse s'en est ressenti.
La première entreprise continue de croitre (elle vient de réussir à racheter un de ses principaux concurrents aux États-Unis) et se développe à l'international en se diversifiant, La seconde végéte, son cours de bourse est en chute libre, elle me semble sous-évaluée par manque de communication, mais certains pensent que c'est structurel. De nombreuses compétences qui croyaient dans l'entreprise (reconnue pour son expertise et son professionnalisme) sont parties car elles n'avaient plus d'intérêt pour cette "pompe à fric" assez peu efficace.

Il y a bien eu des actions d'animation du cours (quelle est la frontière entre animation et manipulation sur une valeur peu liquide ? l'AMF suit le sujet...) mais elles se sont manifestement essouflées... Certes, ils se sont occupés pendant quelques années, ont entretenu leurs relations (dans tous les sens du terme) mais en ont-il vraiment profité ?
En fait, les propriétaires se fichent que le cours soit à 4 euros ou à 10, de toutes façon leur retraite est assurée, il leur suffit de vendre. Ils devraient le faire, ils ne sont plus entrepreneurs, juste rentiers...

Bonne journée

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