dimanche 1 mars 2009

La compétence ne justifie pas tout


Pour une fois un billet en rapport avec l'actualité (...et les conflits d'intérêt).

"A chacun de prendre ses responsabilités. Je prends les miennes. La saisine de la commission, facultative, était impossible dans les délais impartis. Les conditions de ma nomination sont régulières. Maintenant qu'on me laisse travailler !", dit François Pérol.
Cité par yahoo dans une dépêche Reuters

Comment, sur un sujet aussi sensible (je rappelle quand même que les épargnants qui on souscrit des actions Natixis lors de l'offre publique ont perdu 90 % de leur investissement) et médiatique, peut-on faire preuve d'une telle arrogance ? La situation "urgente" justifie tous les raccourcis possible et permet-elle de passer outre toutes les conciliations (ou compromissions) ?
On voit l'ensemble des hauts fonctionnaires se serrer les coudes et se soutenir les uns les autres. Je n'ai aucune opinion sur la compétence de Monsieur Pérol, mais il semble clair que sa nomination n'est pas l'aboutissement d'une démarche transparente et désintéressée (d'ailleurs le simple fait que François Pérol éprouve le besoin de se justifier en disant qu'il n'a pas sollicité ce poste en dit long sur son propre sentiment).
Si cette nomination n'était pas politiquement irréprochable et indiscutable (et indépendemment des compétences de Monsieur Pérol) il ne fallait pas la faire. Les cimetières sont pleins de gens indispensables et la république regorge de gens compétents...
Les fonctionnaires ne peuvent pas se permettre de l'"à peu près", ils doivent être irréprochables, entre l'à peu près et la république bananière il n'y a aucun espace. La France donne aujourd'hui une image de République bananière, la caste des hauts fonctionnaires avec sa consanguinité y est pour beaucoup.

À ce propos, je vous livre une réflexion sur ces hommes et femmes qui nous gouvernent : lors de leur entrée en fonction, il n'ont généralement pas de fortune personnelle importante, leur rémunération si elle est confortable (et c'est normal, ne serait-ce que pour être à l'abri de certaines tentations) n'est pas extraordinaire (disons de l'ordre de grandeur de 100 k€ par an pour faire simple), en tous cas largement inférieure à celles des patrons prédateurs, cependant ils finissent toujours leur carrière avec un patrimoine important, comment expliquer cela ?

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